
L’idée de départ était de créer un livre de voyage, mémoire de toute une année, à partir de courriers postés quotidiennement de janvier à décembre 2019, le cachet de la poste faisant foi. Finalement, plus de 600 missives expédiées depuis 47 pays laissent ainsi une trace annuelle.
Je me suis attachée à créer des œuvres postales en adéquation avec l’actualité ou avec le lieu d’où partait le courrier, sur de simples enveloppes jusqu’à des formats d’un mètre, le maximum pris en charge par la poste, et d’employer différents supports recyclés (papiers, cartons, bois). Timbres, tampons et tampons du premier jour ont été également sélectionnés attentivement.
Aux affranchissements « machine », signe des temps modernes, je préférais la main du préposé qui, en oblitérant le courrier, le transforme en œuvre originale et, en laissant la trace identitaire du lieu, lui confère une identité propre.
Le préposé des postes est la mémoire de l’identité de nos communes…
Dans les petites communes, la poste est un lieu de vie, un lieu de rencontres, quelquefois le seul lieu qui perdure, quelquefois ne reste qu’une vague inscription à peine visible sur la façade d’un édifice abandonné…
Où est partie l’identité de ces villages et de leurs résidents ? Les nouvelles n’arrivent-elles plus dans ces lieux ? Le facteur a-t-il vendu sa bicyclette, un jour de fête ?
A l’heure des mails et SMS, l’art postal se développe autour du vivre ensemble. Durant les ateliers, les enfants ne s’y sont pas trompés : la main fabrique, la main poste, la main du préposé oblitère, la main du facteur distribue et la main du destinataire s’en empare.
Une ronde des mains tout autour de la terre !
Au-delà de l’importance d’être ensemble, l’art postal conduit à explorer différentes facettes : l’identité d’un village, la désertification et la pérennité d’un métier.